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que la cunette de la place qui fait egout etoit infect; que la
double grille de ses fenetres lui otoit l’air. 11 ajouta: on
a eu la barbarie de me laisser deux ans sans nouvelles de
ma femme et de mes filles, pendant quelles etoient sous les
eouteaux des Jacobins; Latour-Maubourg et Bureaux de Pussy
sont a trente toises de moi et voilä trois ans que je n’ai pus
les voir. Je lui representai, que le couvent des Jesuitez etoit
situe dans l’endroit le plus elleves de la ville; que sürement
' ces religieux n’auroient pas fait un bätiment aussi magnifique
dans un endroit mal-sain; que tout les logements des chanoines
du cbapitre noble etoient sur la meme exposition; il m’objecta
differentes choses trop longues ä rapporter.
Je passai ensuite au second point de ma mission et lui
dit: Sa Majeste 1’empereur d’apres le desire, que vous en avez
souvent manifeste, exigeoit de lui qu’il passa en Amerique.
M r de la Fayette me dit avec chaleur: l’Empereur m’a fait
arretter en terre neutre contre le droit des gens; je n’ai aucun
compte a lui rendre de ma conduite ny de mes projets ulterieurs;
je ne veux prendre aucun engagement avec lui, qui sembla lui
donner des droits sur ma personne; je vous dirai bien, comme
a Mr. de Chasteler, ajouta-t-il, que mon dessein est toujours
d’aller en Amerique; mais que prive de toutes nouvelles depuis
pres de 4 ans, je ne puis savoir dans quel etat y sont mes affaires;
je desirerois donc dans le cas, oii S. M. 1’empereur me rendit
ma liberte, me rendre ‘dans un port, a Hambourg par exemple,
pour y attendre des nouvelles des Etats-unis. Enfin je lui dis:
S. M. l’empereur, quoique la paix avec la France ne soit point
encore definitivement reglbe, quoiqu’il n’est contracte aucun
engagement par rapport ä votre liberte, se sent neanmoins
disposee ä vous faire elargir sans delai ulterieur; mais que
Fincompatibilite des principes, qu’il avoit professes et ne cessait
de professer hautement, avec ceux, qui font la base de la tranquillite
de ses etats, le mettoit dans le cas d’exiger, que vous
prissiez l’engagement par ecrit de n’entrer dans aucune de ses
provinces herdditaires sans une permission speciale, et qu’aussitot
qu’il aurait satisfait ä cette cpndition, les ordres pour leur mise
en liberte ainsi que les passeports et directions pour leur voyage
ulterieur seroient delivrdes, que Madame de Lafayette et mesdemoiselles
ses filles accompagneront Mr. de Lafayette. II requt