274
B ü d i n g e r.
prisonniers d’Etat frangais detenus ä la forteresse d’Olmutz
roule sur deux objets.
Le premier a trait aux bruits et aux rapports qui ont
ete repandus avec tant d’affectation k l’etranger sur les pretendus
mauvais traitements que ces prisonniers y auroient essuyes.
S. M. I. ne peut que juger tout ces bruits faux et calomnieux.
Cependant ayant a coeur de se procurer tous les bclaircissements
propres a les faire dementir et surtout k prevenir que
par la suite les dits prisonniers par exageration, depit ou esprit
de vengeance ne se permettent de les accrediter et confirmer
eux memes, Mr. le general est Charge de sommer Mr. et
Mad me de la Fayette ainsi que M rs de la Tour-Maubourg et
Bureau de Puzy de declarer les mauvais traitements dont ils
croyaient avoir k se plaindre, de faire ensuite toutes les enquetes
et perquisitions necessaires pour pouvoir apprecier la realite
et l’importance de leurs griefs, en leur confrontant au besoin
les personnes contre lesquelles ils auroient articule des plaintes.
Mr. le Marquis de Chasteler jugera bien lui-meme, que
cette enquete n’aura a porter que sur des objets, dont la realite
formerait des sujets de grief justes et raisonnables. II s’entend,
que tout ce qui est k considerer comme une consequence immediate
de la condition de prisonnier d’etat ou des precautions
que la suretb de leur detention exigeoit, ne sauroit entrer dans
un tel examen que pour autant, qu’on y auroit excede sans
necessite et surtout, qu’on auroit contrevenu aux ordres donnes
par Sa M. I. pour faire traiter les dits prisonniers avec humanite
et avec des attentions pour leur Soulagement et leur sante
compat.ibles avec leur position. Ce n’est aussi que sous le minne
point de vue que pourront §tre envisagees les plaintes que
pourra faire Mad e de la Fayette et que M r le gdneral M is de
Chasteler examinera de meme, si elles portoient sur des objets,
qui lui parussent meriter d’etre approfondis.
Comme cette dame et ses filles ont demande comme une
grace d’etre reunies k M r de la Fayette, elles devoient s’attendre
qu’une teile exception a l’usage general des prisons d’Etat ne
pourroit avoir lieu, k moins qu’elles se resignent en meme tems
aux inconvenients et aux precautions auquels le regime d’une
prison d’Etat et leur communication journaliere avec M r de la
Fayette ne permettroient nullement de les soustraire.