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Hofier
laisse jarnais induire, a en faire un mauvais usage. Certes s’il n’y
avoit pas d’autre preuve de l'estime distinguee, que l’empereur avoit
pour Mr. le Cardinal, et de la confiance, qu’il mettoit en sa probite,
c’en seroit une bien convaincante, que ce prince n’a pas hesitd de
luy communicquer ses pensees au sujet des mariages des serenissimes
archiduchesses ses filles. On sijait la vivacite des instances
de la reine d'Espagne. De peur de troubler le repos en Europe et
d'inquieter les puissances, qui la coraposent, l'empereur, qui ne connait
pas ce, que c'est que d’amuser par des fausses esperances, a
ete retenu de s'y preter des a present, et il a resolu de garder les
mains libres jusqu’au temps, que les princesses ses filles seroient enäge
de se marier, pour prendre en suite le party, qui selon les cir—
constances d'alors luy paroitra le plus convenable au bien de ses
etats et a celuy de toute la chretiente. Quelque juste et sage, quefut
eette resolution, il y avoit des raisons, pour ne pas la decouvrir a
la France, et il falloit etre entierement persuade de la probite de Mr,
le Cardinal pour ne pas apprehender, qu'on pourroit vouloir en tirer
du profit aux depens de S. M. I. Enfin en tout ce qui s'est negocie
sur les affaires du congres, ce prince a agi avec tant de franchise et
de bonne foy, et il s’est montre si equitable, quand il etoit questio»
de ses propres interests, qu’il ne demande pas mieux, que de pouvoir
se promettre des autres puissances une juste reciprocite. Ce que l’on
va dire dans la suite du present ecrit en fournira des preuves tres
certaines, et pour ne rien omettre de ce, que contient la lettre deMr,
le Cardinal a Sa Majeste, on va reprendre point par point ce, que y
.est allegue, pour justifier un evenement, au quel apres touts les faits
rapportes. cydessus, et qu’on ne presume pas devoir etre desavoues
de Son Eminence on n’avoit aucun lieu de s’attendre.
Il n’est pas trop aise a penetrer, ä quel sujet on eite dans le
commencement de la lettre le refus absolu de l’Espagne de signer le
traite provisionnel et les instances, qui furent faites au baron de
Fonseca de finir avec la France et ses allies les principaux points,
qui retardoient le retour d’une parfaite intelligence. Le refus de
l’Espagne de signer un plan, que Mr. le Garde de Sceaux avoit
projette, et que ni l’empereur ni ses allies n’avoient jamais agree,
peut il etre un juste titre pour rompre des engagements solennelsqui
resultent des conventions, qui n’ont pas ete seulement projettees,
mais conclues du consentement unanime des puissances, qui y ont