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protection et procurer par consequent ä chacun la surete n^cessaire
contre des invasions ennemies. C’est pourquoi S. M. s’attend
nussi de la part de ses fideles 6tats et sujets du marquisat de
Moravie, qu’ils prendront en mure consideration ses soins maternels
et tout ce qui peut tendre a leur propre bien, et que par
consequent ils se conformeront ä son intention, d 1 autant plus
que les contributions exigees des etats pendant les dernieres
annees, en y ajoutant le subside, l’ustensile, 1’augmentation des
rations des chevaux, ainsi que le fournissement des recrues et de
la remonte, la contribution sur les biens et d’ autres impöts particuliers,
montent beaucoup plus hautes et mettroient ä la fin ceux
qui les doivent payer, dans 1’impuissance de les acquitter.
Aussitot que les etats y auront consenti, S. M. permet qu’ ils
envoient quelques d<5putes de leurs corps ä Vienne, pour y traiter
ulterieurement et achever cet ouvrage.
Teiles sont les propositions que le c. de Haugwitz a faites
dernierement ä Brunn, et que je tiens de source. Les etats de Moravie
n’ont pas laisse de s’y opposer.- Ce n’est pas que la plupart d’entre
eux ne conviennent, que suivaut cet arrangement ils payeront en
effet moins qu’ils ont donne depuis bien des annees, mais c’est que
toutes les contributions extraordinaires dont ils esperoient d’etre
decharges apres le retablissement de la paix, vont etre perpetuees
pour dix ans ou plutot pour toujours. Ils ne coraptent gueres non
plus sur les promesses que l’Imperatrice leur fait de ne les charger
d’aucun autre impöt, quelques puissent etre les circonstances du
teraps: mais l’article qui leur fait le plus de peine est celui du payement
des interets et capitaux des dettes du pays dont la cour veut
se charger; puisque pour le maintien de leur credit, ils auroient
voulu les acquitter eux meines en les defalquant sur les contributions.
Malgre tout cela on est persuade qu’ils y donneront les
mains pendant la presence de l’Imperatrice en Moravie. Les etats
de Boheme y ont aussi consenti dejä ä demi, et leurs deputes viennent
de repartir pour Prague, d’oü ils seront de retour en 15 jours
pour mettre la derniere main ä cet ouvrage. Hier les memes propositions
furent faites par le c. de Haugwitz aux etats d’Autriche.
On a choisi pour cela le temps de l’absence du c. de Harrach,
chancelier de Boheme, et qui fait dans les etats d’ Autriche
les fonctions de marechal du pays a la place de son frere; ce