535
ton haut, ont aclieve de l’indisposer contre moi. Accoutume ä traiter
sur ce ton avec les ministres qu 1 il nomme bien intentionnds, il
ne pardonne pas ä ceux qui ont 1’ audace de lui faire tete.
Au reste, Sire, je ne parlerai ni ecrirai ä personne de ce que
V. M. m’a fait la grace de me confier sur ce sujet, mais je compasserai
meme tellement mes manieres, que le comte d’Ulefeld ni
personne ne puisse s’ appercevoir, que j’ en ai la moindre connoissance.
J’ apporterai une egale attention ä ne pas donner prise sur
moi, et j’ose assurer V. M. que je les defie d’avance de porter une
plainte fondee contre moi; mais pour des accusations vagues et
des imputations qui n’ont point d’ objet determine ni d’ autre
fondement que des conjectures et des suppositions, il est impossible
que personne puisse s’en garantir. Je ferai encore tout ce
qui dependra de moi pour gagner la confiance el 1’ amitie du comte
d’Ulefeld. J’avouc, Sire, que je regarderois comme une faveur
des plus grandes, si V. M. vouloit me rappeier d’ici, mais je connois
trop les obligations que je Lui ai, pour ne pas Lui sacrifier
sans regret mon agrement particulier, et tant qu’Elle jugera que
son interet exige de me laisser ici, je l’y servirai avec tout le zele
imaginable et je ferai mon possible pour m’y rendre utile ä Son
Service. Je suis etc. etc.
XX.
Extrait de la] lettre de Cabinet du Rai; du 29 juillet 1747.
Au sujet des plaintes que la cour de Vienne pretend avoir
contre vous, je dois vous dire que je suis extremement satisfait
de la belle"apologie que vous venez de faire conti’e toutes ces impntations.
Vousj deviez cependant trop me connoitre pour croire
un moment que ces fausses accusations eussent pu acquerir sur moi
le moindre sujet de mecontentement contre vous. Soyez plutot
persuade que je suis tout ä fait content de la conduite que vous
avez tenue pendant tout le temps de votre envoi ä la cour de
Vienne, et que si je vous ai averti secretement de la fa^on de
penser de cette cour a votre egard, je ne 1’ ai fait que dansle dessein
de vous aider ä vous compasser avec des gens aussi insolqnts,
hauts et artilicieux que sont ceux que vous avez vis ä vis de vous.
Je suis d’ailleurs parfaitement persuade que la cour de Vienne me
veut tout le mal imaginable, et que je suis l’objet de leur haine et
de leur rancune, aussi applaudis-je tout ä fait ä votre sentiment,
Sltzb. a. philos.-liistor. CI. Jabrg. 1830. II. Bd. III. Heft. 29