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seroit k desirer, qa’ en oubliant la perte de la Sildsie eile cherchät
dans l’amitie de V. H. des avantages capables de Ten dedommager,
que V. M. prit assez de confiance dans son amitie pour
ne pas apporter toute I’ attention possible ä etre toujours en etat
de n’ avoir rien ä craindre, un ministre ambitieux ne pourroit-il
pas changer la facon de penser de sa souveraine et la persuader
de profiter de la securite de V. M. ? Mais etant convaincu dans le
fond de mon ame que les dispositions de 1’Imperatrice sont diametralement
oppöseesä celles que je viens d’exposer, et que plusieurs
de ses ministres emploient tous ieurs soins ä l’ y entretenir, seroisje
pardonnable, si je travaillois a inspirer une fausse confiance ä
V. M.? Ne seroit-elle pas infiniment plus dangereuse qu’ une juste
defiance qui, en l’engageant ä se tenir sur ses gardes, ote ä la
cour d’ici 1’ esperance d’executer les projets qu’eile pourroit former.
Chercher aetablir une confiance mutuelle, tandis que les intentions
ne sont pas epurees de part et d’autre, c’est travailler a former
un calus sur une plaie mal nettoyee.
II est vrai que je mande ä V. M. les bruits qui me reviennent,
et les avis qu’on me donne. Mais Elle voudra bien se Souvenir,
qu’Elle m’a ordonne expressement de ne pas les negliger. Independamment
des ordres de V. M. je ne manquerois pas de les Lui
rapporter, en faisant toutefois ce qui est hnmainement possible
pour demeler les veritables d’ avec les faux. Dans la conviction ou
je suis du peu de bonnes dispositions de la cour d’ici k l’egard de
V. M., je crois ne pouvoir pas apporter assez d’attention a ses demarches,
et j’avoue, Sire, que je n’ aurois jamais le courage de
cacher k V. M. un avis qui me reviendroit, parceque je serois
incertain, s’ il etoit faux ou veritable. Peut-etre hesiterois-je k le
mander aussi legerement ä un prince moins eclaire, mais est-il ä
craindre que V. M. fasse une demarche sur des bruits et des avis
malconstates et que je ne Lui rapporte, qu’ afin qu’Elle les puisse
eclaircir en les combinant avec ceux qui peuvent Lui revenir
d'autre part? —
Je crois necessaire d’eclaircir la particularite qu’on a alleguee
au general de Bernes, que sur les differents couriers arrives au
eomte de Loos par rapport äl’affaire du comte d’Esterhazy, je m‘etois
imagine, qu’il s’agissöit d’une paixentrela cour d’ici et la France,
au prejudice de V. M., et que j’avois dit publiquement: Eh bien,