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revenir ä moi. Qn doit lui avoir alldgue entre autres que, lorsque
le ministre de Saxe ä Vienne, le c. de Loos, avoit re^u plusieurs
depechcs de sa cour par des couriers par rapport au different qui
s’est eleve avec le comte d’Esterhazy, vous vous etiez mis dans
I’esprit, qu’il s’agissoit d’une negociation secrete de paix, que la
Saxe auroit entame entre les cours de Vienne et de France, dont
l’article principal seroit de reprendre Ia Silesie sur moi du gre de
la France, que sur cette supposition vous n’aviez pas laisse de
vous exprimer publiquement en ces paroles: Eh bien, monsieur,
etes-vous bien avance dans l’ouvrage de la paix que vous moyennez?
Ce qui avoit d’abord ete rapporte a la cour qui avoit tout
lieu de supposer, que vous m’aviez mande ces suppositions fausses.
Quoique toutes ces plaintes pretendues ne feront gueres d’impression
sur moi, j’ai pourtant bien voulu vous en instruire, afin que
vous pussiez agir lä-dessus lä oii vous etes avec toute la circonspection
possible, pour ne pas donner ä la cour de Vienne prise
sur vous. Au feste je vous defends absolument de parier ä personne
de cette particularite dont je vous instruis, ni d’en ecrire
ä qui que ce soit hormis k moi seul.
XIX.
Relation au Roi. Vienne le 19 juillet 1747-Sire!
Je regarde comme une nouv'elle marque de la bienveillance de
Votre Majeste la maniere gracieuse, dont Elle a daigne m’instruire
des sujets de plainte que la cour d’ici pretend avoir contre moi.
Je n’en ai pas ete surpris, et Votre Majeste se rappelera qu’il y a
plus de quatre mois que j’ai averti par le prince d’Elboeuf, que
certains ministres prenoient ä tache de me deservir dans l’esprit
de l’Imperatrice-Reine, et de me representer comme un homme
dangereux. S’ils y ont reussi, je ne crains point qu’ils aient
le meine succes aupres de V. M. Son equitd et Sa penetration
me rassurent contre Ieurs efforts, et je n’apprehenderai pas de
Lui paroitre coupable taut que je ne le serai pas en effet.
On m’accuse de ne pas prendre assez k tache de cultiver la
bonne harmonie entre V. M. et la cour d’ici. J’aurois souhaite, que
ses ministres m’eussent donne occasion d’en resserrer les noeuds
et de faire valoir leurs bonnes intentions et leur desir d’unir
etroitement V. M. avec leur souveraine. Je leur ai declare plus