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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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d’Esterhazy  vint  tenant  sous  le  bras  une  personne  fort  proprement
mise.  II  s’etoit  masque  de  faijon  &  etre  facilement  reconnu.  Chacun
  etoit  curieux  de  savoir,  qui  ctoit  la  belle  qui  l’accompagnoit.
On  s’intrigua  et  l’on  sut  a  la  fin  que  c’etoit  une  prostituee  qu’il
avoit  tiree  d’un  mauvais  lieu.  La  cour  en  fut  vivement  piquee
et  on.  delibera  de  la  faire  mettre  dehors.  II  entretint  cette  digne
maitresse  encore  longtemps  dans  sa  maison,  malgre  l’eclat  que
cette  aventure  avoit  fait.  II  en  eut  une  autre  peu  apres  qui  ne
lui  fit  pas  moins  de  tort.  Un  de  ses  domestiques,  francois  de
naissance,  le  trouvant  un  jour  enferme  avec  sa  femme,  enfonca
la  porte  et  voulut  la  tirer  de  force  d’entre  ses  bras.  Le  comte
d’Esterliazy  refusa  de  la  lui  rendre;  le  domestique  ne  le  menagea
point,  et  ils  eurent  une  dispute  fort  plaisante,  mais  qui  ne  tourna
pas  ä  l’honneur  du  maitre.  Cet  liomine  s’etant  mis  sous  la  protection ­
  du  ministre  de  France,  le  comte  fut  oblige  de  lui  donner
une  somrae  notable  pour  appaiser  l’affaire.  Etant  ensuite  devenu
amoureux  d’une  demoiselle  polonaise  de  la  famille  de  Tzschasky,
si  je  ne  me  trompe,  il  lui  parla  de  mariage  et  en  fut  ecoute.
Tout  le  monde  crut  l’affaire  conclue,  lorsque  le  comte  cbangea
d’avis  pour  epouser  la  fille  adoptive  du  prince  Lnbomirsky  beaucoup
  plus  riebe.  Ce  changement  fit  grand  bruit,  et  le  peuple  ä
Varsovie,  excite  peut-etre  par  les  parents  de  la  Tzscliaska,  lui
jettoit  de  la  boue,  lorsqu’il  passoit  par  les  rues.  Si  d’un  cote
la  dote  de  200 / m  florins  que  sa  femme  lui  apporta,  avoit  de  quoi
le  flatter,  il  fut  mortifie  de  l’autre  par  l’obscurite  de  sa  naissance, ­
  son  pere  ayant  ete  denyer  aupres  du  prince  de  Lubomirsky.
  Il  est  vrai  que  celui-ci  1'avoit  adoptee,  mais  cette  adoption
  n’avoit  pas  ete  confirmee  par  l’Empereur.  On  reproche  au
comte  que  p'our  remedier  ä  ce  defaut,  il  avoit  tente  de  fabriquer
  un  diplome  et  de  contrefaire  la  main  du  feu  Empereur
Charles  VI.  Quoiqu’i!  en  soit  de  ce  reproche,  sa  facon  de  penser
et  son  peu  de  delicatesse  sur  le  chapitre  de  la  probite  y  ont
donne  beaucoup  de  vraisemblance.  Un  jour  souhaitant  fortement
d’avoir  une  certaine  piece  secrete  d’un  ministre  etranger  a  Dresde,
celui-ci  la  lui  accorda  a  condition  qu’il  ne  la  communiqueroit  pas
a  la  cour  de  Saxe.  Le  comte  y  engagea  non  seulement  sa  parole,
  mais  la  confirma  par  des  serments  terribles.  Peu  d’heures
apres  le  ministre  fut  informe  qu’il  l’avoit  communique  au  mi-
            
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