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au-dessus de la mediocre, bien prise, roais un peu replette. II a le
visage large et bouffi. Les yeux doux et passablement grands.
Le reste de ses traits n’a rien de remarquable et forme une phi—
sionomie assez revenante. II porte ses propres cheveux et en
prend grand soin. Son abord est froid et haut et ses manieres
sont peu prevenantes.
II a l’esprit superficiel, peu de jugement et encore moins
de conduite.
Le fond de son caractere est un orgueil extrdme, cause
par un amour propre demesure qui est le principe de toutes ses
actions et auquel il n’y a rien qu’il ne sacrifie. II se croit un
genie profond et un de plus habiles negociateurs de son temps. II
aime ä parier de la dexterite avec laquelle il doit avoir conduit
les affaires qui ont passe par ses mains. Il ne se pique pas
moins de bei esprit et fait suppleer un mepris ouvert pour la
religion au marque des talens necessaires pour soutenir ce role.
Plus jaloux de la reputation d’homme habile que de celle d’honnete
liomme, il est peu delicat sur le choix des moyens pour parvenir
ä son but. Il n’est gueres esclave de sa parole, et il ne
lui en coute pas plus de l’enfreindre que de la donner.
II a d’abord servi dans les troupes et il etoit capitaine.
d’Houzards, lorsqu’il accompagna l’Empereur dans la Campagne
qu’il fit contre les Turcs. Il s’attacha particulierement a ce prince
et s’etant insinue dans son esprit, il quitta le Service militaire
pour venir ä la cour, ou il obtint la charge de chambellan.
Quelque temps apres il fut envoye en Portugal Charge d’un compliment
ä l’occasion de la naissance d’une des arcliiduchesses.
L’Einpereur continuant de s’interesser en sa faveur le fit nommer
conseiller prive et ministre ä la cour de Dresde.
A peine y fut-il arrive qu’il commen^a a faire ouvertement
profession d’irreligion et lächa meme des railleries piquantes sur
la bigotterie de cette cour. Il ne s’y borna pas, et comme s’il
avoit pris ä tache de se rendre odieux et meprisable, il donna
publiquement dans une debauche grossiere. Il eut plusieurs aventures
qui firent de l’eclat et qui acheverent de revolter tout le
monde contre lui. Dans un bal que la cour donne tous les ans
aux officiers subalternes, et auquel la famille royale et les
principaux de la noblesse assistent sans masque, le comte