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sou pouvoir ne fut plus si grand ä beaucoup pres. L’Imperatrice
consultoit le comte de Kevenhüller et d’autres personnes , quand
il s’agissoit de disposer de cliarges militaires et de donner des
recompenses. Instruite de l’indigne usage qu’il avoit fait de son
pouvoir, eile lui a retire insensiblement sa confiance et ä l’heure
qu’il est, il n’a plus le moindre credit. II l’avoue lui-meme aux
officiers qui s’adressent ä lui. Il semble qu’il se console de sa
disgrace par les biens immenses qu’il a amasses du temps de sa
faveur et dont iljouit paisiblement. Il a fait d’ailleurs des mariages
fort riches. Comrae il vit parfaitement bien et qu’il est poli,
l'affluence dans sa maison n’a presque pas diminue, malgre la
pefte de son credit. On y joue tres-gros jeu.
Au reste s’il est vrai que l’Imperatrice n’attend que la mort
du comte de Harrach, president du conseil de guerre, pour casser
entierement ce College, il est apparent, que le baron de Weber
se retirera alors tout ä fait des affaires.
Le secretaire de cabinet Ko ch, age d’environs quarante ans,
est assez grand et bienfait. Sa phisionomie est agreable et ouverte.
Son abord prevenant et ses manieres sont polies. Il a de l’esprit
et de la penetration. Il passe pour etre honnete homme, integre,
bienfaisaut, d’un secret impenetrable et s’est fait aimer dans un
poste dont la haine est ordinairement l’appanage. Il est extremement
devot et passe des heures enti^res dans des exercices pieux.
L’Imperatrice a beaucoup de confiance en lui. Son emploi
Consiste ä lui faire rapport des requdtes et des memoires qui lui
sont presentes, et a les renvoyer ensuite avec la rcsolution de sa
Majeste imperiale aux differents Colleges du ressort desquels ils
dependent. Il presente encore ä cette princesse tout ce qu’elle
doit signer, et expedie sa correspondance particuliere. Il va travailler
pour cet effet tous les matins avec eile. L’ Imperatrice le
consulte sur les affaires domestiques et particnlierement sur celles
qui regardent l’interieur du pays, ce qui ne laisse pas de lui donner
beaucoup de credit qu’il couvre d’une grande modestie. Tous
ceux qui cberchenf un emploi ou quelque grace, ne manquent pas
de s’adresser ä lui. Plusieurs s’en plaignent, cependant le general
en est assez content. Il n’a pas la meme influence dans les affaires
etrangeres, oü le baron de Bartenstein ne souffre pas de concurent.
On lui reproche un peu trop d’indolence ou du moins de