523
avis, auquel son beau-pere se conformoit, etoit ordinairement suivi.
Corame il aimoit d’ailleurs le travail, la plupart des affaires qui
se traitoient au conseil aulique, passoient par ses mains et il les
faisoit decider corame il le jugeoit ä propos. La mort de l’Empereur
et le peu de part que l’Imperatrice douairiere a eu depuis
aux affaires, a diminue extremement son credit. Bien loiu de pouvoir
encore les diriger au conseil aulique suivant sa fantaisie, il
y a souvent des deboires.
C’est appareraent par le degoüt que ce changement. Iui cause,
qu’il n’a plus la meme application et qu’il travaille fort peu ä
l’heure qu’il est. Cependent le comte de Colloredo le consulte
encore beaucoup.
Il est un des plus grands ennemis que Votre Majeste ait dans
ce pays-ci. Je suis persuade qu’il est le premier auteur de toutes
les chicanes quon Lui fait au sujet de la garantie de l’Empire du
traite de Dresde.
Le baron de Weber, referendaire privd de guerre, est
age d’environs 48 ans. Il est petit et malfait. II a le visage
iong et bleme. Ses manieres sont polies et prevenantes. Son esprit
vif et fertile en expediens.
Il a commence par etre simple commis. Corame dans les expeditions
il fit voir une grande facilite, il futfait secretaire du conseil
de guerre. Ayant eu occasion de faire mieux connoitre parlä
son genie et surtout le talent qu’il a d’ecrire et de travailler
avec une facilite extreme, le prince Eugene le prit en araitie et lui
donna peu ä peu tellement sa confiance, qu’il dirigeoit absolument
le conseil de guerre. Apres avoir obtenu le poste qu’ il occupe
encore actuelleraent, toutes les graces passerent par ses mains et
il veudoit presque publiquement les charges militaires. Les generaux
veritablement attaches ä I’Empereur en etoient indignes. Le
marecbal comte de Kevenhüller surtout ne pouvoit le supporter.
Il lui donna un jour un soufflet en pleine compagnie. Malgre
cela la plupart des. generaux, meme ceux du premier l’ang, lui
faisoient regulierement la cour, et comme il aime beaucoup ä
jouer, ils perdoient souvent ä dessein contre lui, pour obtenir
ce qu’ils sollicitoient. L’appui du baron de Bartenstein fit que
son credit ne diminua en rien par la mort du prince Eugene. Il se
soutint encore quelque temps apres le deces de I’Empereur. Mais