En ce cas fEmpereur qui n’ignore pas, que conjointement avec Ie
eomte d’Ulefeld il excite cette princesse ä ne lui donner aucune
part dans le gouvernement, les renverroit vraisemblableraent Tun
et l’autre et mettroit le eomte Frederic de Harrach et le baron
de Wasener qui est ä Londres, ä leur place. Ce dernier est deja
destine ä succeder au baron de Bartenstein.
II n’a pas laisse de s’enrichir dans son emploi, et quoique
sa femme lui ait apporte de grands biens, et qu’il tient beaucoup
de bienfaits de l’Empereur defunt, il n’est pas au-dessus de
tout soup^on d’avoir tire de l’argent de plus d’une cour.
Il n’est pas des mieux intentionnes pour Votre Majeste, et je
le soup^onne principalement d’entretenir l’Imperatrice dans les
projets qu’elle forme pour reprendre la Silesie.
Il s’en faut beaucoup qu’on lui fasse la cour comme du temps
du feu Empereur. Les ministres de Conference ni les gens d’un
certain rang ne vont plus cliez lui, et' si quelques-uns de la grande
noblesse et des ministres etrangeres frequentent encore ses assemblees,
c’est a la derobee et ils s’en cachent avec soin.
Le baron de Knorr, conseiller aulique et gendre du
baron de Bartenstein, est äge de 60 ans. Il est petit et gros, d’une
phisionomie peu revenante et d’un air commun. 11 a des manieres
assez insinuantes.
Il est ne a Ottingen, oü il a ete recteur d’ecole et y a monte
plus d’une fois sur la chaire. Il fut appele et fait bibliothecaire a
la cour de Brunswick. Le duc l’ayant employe ici aupres de l’Imperatrice
douairiere dans les affaires domestiques, il sut si bien s’insinuer
dans l’esprit de cette princesse en reglant tout suivant ses
desirs , qu’elle l’engagea ä s’etablir ici, mais comme le public
soup^onnoit, qu’elle vouloit se l’attacher par un retour vers la reli—
gion dans laquelle eile etoit nee, il fut oblige d’embrasser la
religion catholique romaine. Il fut fait conseiller aulique et epousa
la fille du baron de Bartenstein. Cette alliance et la faveur dans
laquelle il etoit aupr&s de l’Imperatrice qui avoit alors beaucoup
d’influence dans les affaires, le mirent bientöt en grand credit. Il
tächa de s’y maintenir par une application infatigable, et comme il
avoit deja une grande connoissance du droit et de l’histoire de
l’Empire, il s’y attacha entierement. Il ne se prenoit aucune resolution
dans ce quiy avait du rapport, sans qu’on le consultat, et son