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conjointement tous Ies efforts possibles pour contrebalancer ce
pouvoir. Leurs avis ne furent pas ecoutes, et quand meme ils reussissoient
ä faire prendre une resolution dans la Conference, le baron
de Bartenstein trouvoit moyen de la faire changer dans la suite. II
donna meine tant de sujets de degout au comte de Schönborn., que
celui-ci prit la resolution de se demettre de son emploi.et de se retirer.
La sanction pragmatique dont l’idee vint d’un avocat nomme
Seilern, pere du comte de ce nom qui est chancelier d’Antriebe,
et que le baron de Bartenstein trouva moyen de faire garantir'par
la plus grande partie des puissances de l’Europe, acbeva de le
mettre dans la plus haute faveur aupres de l’Empereur,' et il s’y
maintint constamment malgre les intrigues de ses ennemis et la
haine du public.
Apres le deces de ce prince tout le monde regardoit la dis—
grace du baron de Bartenstein comme certaine. Le peuple exteemement
irrite contre lui, 1’insuUoit publiquement, et lui jettoit de la
boue et de pierres. II y a meme apparence, qu’il ne se seroit pas
soutenu, s’il ne s’etoit pas rendu si ndeessaire et que les malheurs
qui menacoient l’Imperatrice-Reine, ne lui eussent fait concevoir,
qu’elle auroit besoin d’un homme qui eut une connoissance exaete
des interets et des affaires de sa maison. Personne ne la possedoit
a un plus baut degre que ce secretaire d’etat. Ainsi la necessite lui
servit d’appui. Cependant son pouvoir fut extremement diminue.
II n’osa plus se meler que des affaires qui etoient de son ressort,
comme secretaire d’e.tat. Encore ne pouvoit-il pas les diriger a son
gre. L’Impdratrice ecouta les avis des autres et prit souvent des
resolutionS de son chef. Son credit s’ accrut neanmoins ä mesure,
que cette princesse connut sa capacite et son zele, mais surtout
par la mort du comte de Sinzendorff. II sut si bien faire que la
direction des affaires etrangeres fut conliee au comte d’Ulefeld
dont il connoissoit l’incapacite. Par ce choix il s’affermit encore
mieux dans son poste, en mettant la cour dans la necessite de le
conserver. Le peu de connoissance que le comte de Colloredo a
des affaires de l’Empire, et son peu d’application l’obligent ä s’en
decharger egalement sur le baron de Bartenstein qui les dirjge
conjointement avec son gendre le baron de Knorr.
Il y a toute apparence que ce secretaire d’etat se soutieudra
jusqu’ä sa mort, ä moins que rimperatrice ne decede avant lui.
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