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l'ortune, mais ce ministre qui lui procura le poste de conseiller de
la regence d’Autriche, s’est repenti ensuite plus d’une fois de lui
avoir fraye le chemin au pouvoir ou il s’est öleve depuis. II
parvint bientöt a se faire connoitre et a s’avancer, apres avoir
abjure la communion lutherienne. II fut fait conseiller de cour.
La connoissance qu’il a du droit public et de l’histroire de 1’Empire,
joint ä son talent d’ecrire, engagerent le comte de Sinzendorff
qui etoit alors ä la töte des affaires etrangeres, ä l’employer
a faire quelques deductions. 11 s’en acquitta ä l’entiere satisfaction
de la cour, et le secretaire d’etat d’alors etant venu a
mourir, on ne trouva personne plus capable de remplir ce poste
que le sr. Bartenstein que l’Empereur annoblit peu apres. La
nonchalance du comte Sinzendorff, son peu d’application aux
affaires et son amour pour les plaisirs donnerent occasion au
nouveau secretaire d’etat de se rendre necessaire. II etudia ä
fond les interets de la cour d’ici, se mit au fait de toutes les
affaires et se montra infatigable dans le travail. La Charge de
referendaire des affaires etrangeres lui donna souvent acces aupres
du feu Empereur. II ne tarda pas de s’insinuer dans son
osprit. II poussa son credit si loin, que tout alla par ses mains
et qu’outre les affaires etrangeres, I’Empereur le consultoit
egalement sur les autres. II dirigeoit absolument tous les differents
Colleges. Le pouvoir qu’il s’acquit par lä, donna une jalousie
mortclle aux ministres. Le comte de Sinzendorff s’apereut
de la faute qu’il avoit faite. II etoit trop tard d’y remedier. Le
baron de Bartenstein ebloui, mais assure en meme temps de sa
nouvelle faveur, ne put s’empecher de donner un libre essort ä
sa vanite. Sous pretexte d’etre surcharge d’occupations, il s’excusa
d’aller d’avantage chez le comte de Sinzendorff pour conferer
sur les affaires , et l’Empereur obligea celui-ci de passer chez le
secretaire d’etat qui entroit dans son carosse, pour lui parier.
Tout le monde fut oblige de flechir les genoux devant l’idole. Les
personnes du premier rang, les princes d’Empire, les gen er aux.
les ministres vinrent regulierement lui faire la cour. Le comte de
Sinzendorff, pour conserver du moins une partie de son credit, s’attacha
entierement a lui, et ces deux ministres firent faire k l’Empercur
tout ce qu’ils jugeoient ä propos. En vain le prince Eugene
et le vice-chancelier de 1’Empire, Ic comte de Schönborn, firent