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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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en  meme  temps  son  jugement,  eile  l’empeclie  d’en  choisir  les  meilleurs,
  distinguer  le  vrai  de  l’apparent  et  d’envisager  un  objet  dans
chaque  point  de  vue  dont  il  est  susceptible.  II  est  bon  pour  ouvrir
unavis,  mais  il  est  besoin  d’un  autre  pour  le  digerer.  II  a  engage  la
cour  ä  plus  d’une  fausse  demarche.  C’est  lui  qui  eu  dernier  lieu  a
conseille  l’invasion  dans  la  Provence.  Il  se  persuade  reellement
d’entendre  le  metier  de  la  guerre  et  de  l’avoir  appris  par  les  entretiens
  qu’il  a  eu  avec  le  prince  Eugene.  Il  dit  souvent  tres-serieusement
  ä  ses  amis,  qu’il  en  sait  plus  que  tous  les  geueraux  que
1’Imperatrice-R.eine  a  ä  son  Service.  C’est  du  feu  de  son  iraagination
  que  vient  cette  prolixite  dans  ses  discours  et  dans  ses  ecrits
qui  les  rendent  souvent  obscurs.  Jaloux  de  ses  pensees  plus  qu’un
auteur  ne  sauroit  l’etre,  il  aimeroit  mieux  gäter  les  affaires  que  de
supprimer  une  idee  qui  lui  plait.  Son  esprit  satirique  lui  en  fournit
souvent  qui  ne  servent  qu’ä  aigrir  les  affaires  et  attirer  des
ennemis  ä  sa  cour.  Aussi  l’Imperatrice  l’a-t-elle  reconnu  ellememe,
  et  lui  en  a  fait  plus  d’une  fois  des  reproches.  Il  est
d’une  ambition  extreme,  mais  il  sait  quelquefois  la  reprimer,
lorsqu’il  craint  qu’elle  ne  fasse  tort  k  sa  fortune.  Quand  feu
l’Einpereur  l’a  voulu  faire  conseiller  prive,  il  I’a  constamment
decline,  et  par  cette  feinte  inodestie,  en  amortissant  la  jalousie  et
l’envie  des  autres  ministres,  il  s’est  facilite  les  moyens  d’augmenter
  reellement  son  credit.
Il  s’enonce  avec  feu,  et  sa  vanite  lui  fait  croire,  qu’il  lit  dans
les  pensees  des  autres.  Lorsqu’on  a  quelque  affaire  a  lui  proposer,
il  vous  interrompt  il  tout  moment  pour  l’expliquer  lui-meme.  II
n’y  a  d’autre  moyen  de  la  lui  faire  connoitre  que  d’applaudir  a  sa
Penetration,  et  de  lui  exposer  ensuite  l’affaire  sous  pretexte  de  lui
faire  remarquer  seulement  quelques  circonstances  qui  lui  etoient
echappees.  Sa  memoire  prodigieuse  lui  laisse  des  idees  nettes  de
tout  ce  qui  s’est  passe  depuis  un  grand  nombre  d’annees.  Il  n’est
pas  avare  de  protestations  de  sa  sincerite,  mais  on  auroit  tort  de
s’y  Her.
Il  est  ne  a  Strasbourg  d'un  professeur  Protestant.  II  vint  ici
dans  la  plus-grande  pauvrete  et  il  se  mit  d’abord  precepteur  aupres
des  enl'ans  d’un  certain  baron  de  Palm  qui  le  recommanda  au
comte  de  Stahremberg,  ministre  de  Conference,  oü  il  servil  quelque
temps  comme  secretaire.  C’est  a  lui  qu  il  doit  le  foudement  de  sa
Sitzb.  d.  pbilos.-  hUtor.  CI.  Jftbrg.  1850.  II.  Bd.  HI.  Uft.  28
            
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