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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

Son  gerne  paroit  moins  propre  pour  Ies  grandes  entreprises
qui  demandent  de  la  hardiesse,  que  pour  conduire  sagemeut  les
affaires.
II  n’aime  pas  Ies  partis  violens.  Son  caractere  est  doux  et
eonciliant.  II  desapprouve  interieurement  la  fa^on  dont  on  conduit
ici  les  affaires,  et  surtout  le  siyle  aigre  et  mordant  dont  on  couche
la  plupart  des  ecrits,  qu’  il  ne  croit  propre  qu’  ä  aliener  tout  Ie
monde  des  iuterets  de  la  cour  d’ici.  II  est  ferme  sans  etre  opiniatre
  et  se  rend  ä  la  raison,  lorsqu’  il  en  est  convaincu.  II  ne  soutient
  que  ce  qu’il  croit  fonde,  et  ne  s’obstine  pas  ä  defendre  nn
sentiment  qu’  il  croit  insoutenable.  Il  sent  fort  bien  sa  superiorite
sur  les  autres  ministres,  sans  pourtant  la  leur  faire  sentir.  Il  a
beaucoup  d’  ambition,  mais  il  prend  un  soin  extreme  de  la  cacher.
Il  ne  s’empresse  point  du  tout  ä  faire  sa  cour,  et  affecte  nieme  d’y
aller  rarement  lorsqu’  il  n’y  est  pas  appele.  Il  va  1’  ete  toutes  Ies
semaines  pendant  un  ou  deux  jours  ä  la  Campagne  pour  laquelle
il  temoigne  beaucoup  d’inclination.  En  un  mot  il  täche  de  donner
le  moins  d’ombrage  qu’  il  est  possible,  et  il  cherche  secretement  de
parvenir  ä  la  direction  des  affaires  en  feignant  de  s’  en  eloigner.
11  y  a  apparence  qu’il  y  reussira,  et  que  tot  ou  tard  la  necessile
obligera  1’Imperatrice,  ä  Ie  mettre  ä  la  tete  des  affaires.  Cependant
jusqu’ici  son  credit  ne  paroit  pas  fortgrand.  Trop  honnete  homme
pour  ajuster  ses  conseils  au  goüt  et  aux  passions  de  cette  princesse,
  ils  en  sont  rarement  ecoutes.
II  aime  beaucoup  la  societe  et  en  fait  les  delices  par  son
humeur  gaie  et  egale.  Son  esprit  est  des  plus  agreables.  Quand
il  est  en  compagnie,  nul  soin  ne  paroit  1’  embarasser.
Il  doit  sa  fortune  en  grande  partie  ä  son  merite.  Il  a  ete
d  abord  employe  ä  la  cour  de  Turin,  mais  ä  cause  de  sa  mauvaise
sante  il  n’y  a  pu  rester  que  peu  de  temps.  Il  fut  envoye  ensuite  4
Ratisbonne,  oü  il  a  sejourne  pendant  trois  ans.  Apres  son  retour
feu  l’Empereur  le  nomma  grand-maitre  de  la  maison  de  la  duchesse
Marie  Elisabeth,  gouvernante  des  Pays-bas,  et  cette  princesse  etant
morte,  il  en  fut  fait  gouverneur.  Ayant  sollicite  son  rappe!,  il  y  a
quelques  annees,  1’Imperatrice  lui  confera  la  Charge  qu’il  occupe
actuellement,  et  dont  il  s’aequitte  avec  beaucoup  d’approbation.
II  a  un  bien  mediocre,  mais  il  est  fort  ränge  et  ne  donne  pas
dans  Ie  faste  et  les  depenses  snperflucs  de  ses  compatriotes.
            
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