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occassion ä ses enneniis de le decrediter dans l’esprit du feu
Empereur. On le represenla conime un lionnne qui avoit oublie
le melier de la guerre pendant le long espace de temps qu’il
avoit ete employe aux affaires politiques. II fut rappele. On lui
ota la charge de president du conseil de guerre, et celle de
grand maitre de la maison de 1’ Imperatrice alors regnante lui fut
conferee ä la place. Cependant les gens impartiaux conviennent
unanimement que, s’il a presque toujours ete malheureux ä la
guerre, il y a plutot de la faute de la fortune que de la sienne.
11 passe pour prendre ses mesures fort justes, et il a su souvent
se tirer avec habilete des positions et des circonslances les plus
critiques. On lui reproche de n’ttre pas assez aclif, d’avoir de
la circonspectian ä Pexces et de menager trop les soldats dont
il est fort aime. Dans la guerre d’Italie ses ennemis l’appeloient
le general „Rasttag”, a cause de frequents sejoürs qu’il faisoit faire
aux troupes de crainte de les trop fatiguer.
Il semble qu’on lui rend actuellement la justice qu'on lui a
refusee alors. et il passe assez generalement pour un des plus habiles
gdneraux que 1’ Imperatrice ait h son Service. Apres la inort
du marechal de Kevenhüller, cette princesse lui a confere la
place de commandant de Vienne, et en dernier lieu celle de
grand-maitre de sa maison que le comte de Sinzendorff occupoit.
Elle le consulte beaucoup sur tout ce qui regarde le militaire,
sans suivre pourtant toujours son avis. Il paroit qu’ il n’ en est pas
de meine des affaires politiqües, dans lesquelles il n’ a pas une
grande influence. Dans la Conference il dit son avis, sans s’ embarasser
s’ il est suivi ou non, et sans se donner le moindre mouvement
pour le faire gouter. Les ministres dtrangers s 1 adresseut ä
lui plutot pour lui faire honneur que pour la reussite des affaires
sur lesquelles il ne s 1 explique ordinairement qu’en termes vagues
et generaux. On lui reproche de prendre trop facilement les impressions
qu’on veut lui donner, et d’etre de l’opinion du dernier
qui lui parle, qu’ainsi souvent, lorsqu’on croit 1’ avoir persuade,
on le trouve le lendemain d’ un Sentiment tout contraire.
Il est naturellement doux et bienfaisant, d’une droiture et
d’ une probite reconnues. Fort genereux et aimant la magnificenee
ses ambassades ont beaucoup coute ä la cour. Il a exerce avec un
des intresseinent infini tous les emplois dont il a cle revetu et bien