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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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avail  confie  le  commandement  de'  I’  armee  au  inarechal  Traun,  les
affaires  seroient  peut-etre  autrement.  On  Iui  reprochoit  sa
presomption  et  son  peu  de  vigilance.  On  l’accusoit  de  passer  une
Lonne  partie  de  la  journce  ä  table  et  la  soiree  dans  toutes  sortes
de  debauches  qui  le  rendoient  incapable  de  donner  le  lendemain
les  soins  necessaires  au  commandement;  qu’  il  placoit  mal  sa  confiance
  et  que  dans  le  choix  de  ses  favoris  le  merite  et  la  capacite
dans  le  metier  de  la  guerre  entroient  peu  en  ligne  de  compte,  et
qu’il  suffisoit  qu’ils  fussent  jolis  gar^ons  (terme  favori  du  prince)
c’est  ä  dire  joueurs,  sottisiers,  buveurs,  debauches,  bouffons  et
quelquefois  maquereaux.
Quoique  la  mauvaise  humeur  et  la  haine  du  public  contre  la
maison  de  Lorraine,  et  dans  cette  conjoncture  particuli^rement
contre  le  prince  Charles,  ait  trop  charge  ce  portrait,  les  principaux
traits  en  sont  assez  justes,  et  des  gens  en  etat  d’en  juger  m’ont
assure  qu’il  n’a  ni  le  genie  ni  l’application  necessaire  pour  devenir
jamais  grand  capitaine.
Un  jour  le  general  Spada  se  trouvant  ät  la  table  de  l’Impdratrice-Reine,
  le  prince  Charles  present,  il  lui  dchappa  de  dire  par
distraction  en  parlant  de  la  bataille  de  Sorr,  qu’  il  parieroit  sa  tete
que  si  les  troupes  de  sa  Majeste  avoient  ete  commandees  par  le  roi
de  Prusse,  eiles  auroient  battu  les  prussiens.  Le  prince  s’  emporta
extremement  et  ne  pouvant  se  remettre,  il  se  leva  peu  apres  de  table.
On  m’a  dit,  que  le  conseil  de  guerre  ayant  fait  des  representations
  ä  1’  Imperatrice-Reine  sur  la  conduite  du  prince  Charles,  et
1’  ayant  sollicite  de  lui  öter  le  commandement,  ou  de  limiter  du
moins  son  pouvoir  et  de  lui  defendre  de  risquer  la  bataille  sans
un  ordre  expres,  s’est  attire  par  lä  la  disgrace  de  cette  princesse,
et  il  est  certain,  qu’  il  est  fort  dechu  de  son  ancienne  autoritd.
Cependant  l’Imperatrice  n’ignore  pas  le  peu  de  capacite  de  ce
prince,  mais  outre  qu’eile  a  beaucoup  d’amitie  pour  lui,  comme
eile  1’  a  pris  une  fois  sous  sa  protection,  eile  n’  en  veut  pas  avoir
le  dementi.
Il  jouit  de  beaucoup  de  distinction  ä  la  cour.  Il  mange  en
public  avec  1’  Empereur  et  I’Imperatrice  et  les  dames  le  servent
ainsi  que  leurs  Majestes  imperiales.
Il  n’est  pas  airae  du  public  qui  ne  l’dpargne  pas.  Lorsqu'au
retour  de  1’Empereur  et  de  1’  Imperatrice  de  Francfort  on  avoit
            
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