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II n’aime rien avec passion et se prete ä tout Iorsque l’occasion
s’en präsente. L’amour, l’ambition, ni l’avarice ne l’ont
jamais tourmente. Les plaisirs de la table paroissent etre ceux
ä qui il donne la preference, et ce n’est pas sans fondement
qu’on lui reproche d’y avoir trop donne, ainsi qu’ä la boisson,
dont cependant il commence ä se corriger.
II est peu galant, mais tres-debauche et peu delicat meme
dans ses plaisirs.
Il aime le gros jeu et joue assez noblement. II se plait ä railler
ainsi que 1’ Empereur, mais il s 1 en acquitte avec moins de delicatesse.
Il ne se fache pas, si on lui repond sur le meme ton. On le
dit brusque et empörte, mais d’ailleurs bon et bienfaisant.
Son humeur est gaie et egale, son esprit mediocre et peu
brillant.
Il a naturellement aussi peu d’application que l’Empereur, et
s’il s’est adonne au metier de la guerre, c’est par une Sorte de necessite
qu’ il s’ y est vu force. Il n’a point de gout decide pour ce
metier.
II le fait parcequ’on le veut, et se console aisement lorsqu’il
n’ y est pas employe. Il est d’ailleurs brave, et des gens du metier
m’ ont assure, qu’ il a le coup d’ oeil excellent et un talent parliculier
de savoir juger sur le cliamp de l’avantage d’un terrain et
en tirer parti. Il s’ est attache quelques olFiciers, mais il est peu
estime des troupes et encore moins du public.
La protection de la reine lui valut peut-etre trop tot le commandement
des armees, et 1’ on pretend qu’ il seroit encore parveuu
ä etre homme de guerre, s’ il avoit fait quelques campagnes sous
les ordres d’ un general experimente. Il est vrai qu’ on eut soin de
le faire accompagner de gdneraux de reputation, coinme Kevenhüller,
Traun, Bathiany etc., mais il ne suivit pas toujours leurs
conseils. Cependant on lui attribua les succes que les troupes autricbiennes
eurent contre les Francois. L’Imperatrice-Reine qui lui
veut du bien, se plaisoit ä les relever beaucoup et ärepeter qu’elle
lui en etait redevable. Le public le crut, etil se fit en peu de temps
une reputation assez grande, mais de courte duree. La Campagne
malheuieuse qu' il fit contre V. M. l’an 1745 la lui ota. Le public
la sacrifia a celle des troupes et on mit sur son comptc tous les
mauvais sucees qu’dles eurent. On disoil bautcmCnt, que si 1'on