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On ne lui a point forme de maison jusqu’ici, et il est encore
entre les mains des femmes.
La mauvaise education qu’il re^oit, et la trop grande tendresse
de ses parents ne donnent pas lieu d’esperer qu’il parvienne jamais
ä etre grand prince, et l’Imperatrice en desapprouvant la maniere
dont ses ancetres ont ete eleves, suit pourtant les memes traces
pour l’education de ses enfants et surtout de ce fils.
L’Archiduches se Marie Anne est passablement grande
pour son äge, et assez jolie. Elle Test cependant le moins entre
ses freres et soeurs. Elle a l’air haut et on lui inspire les memes
sentiments de lierte qu’ä l’archiduc, mais pour le reste son education
est meilleure. On lui fait apprendre diverses langues et
les Sciences convenables h son sexe et ä son rang. Elle montre
assez d’esprit et beaucoup de jugement, et on l’eleve dans un grand
attachement ä sa religion et ä ses devoirs.
L’Arclüduchesse Marie Christine est d’une tres-jolie
figure et marque beaucoup d’esprit. Elle aime autant ä parier
fran^ois que son frere le hait, et ne veut pas qu’on lui parle en
d’autre lanjrae. Les deux autres archiduchesses et I’archiduc
o
Charles sont si jeunes, qu’on n’en sauroit rien dire. Le dernier
est d’une santd fort delicate. Tous trois sont beaux et bienfaisants.
Le prince Charles est grand et bienfait. II a les dpaules
larges et un embonpoint proportionne ä sa taille. II se tient
bien, mais sa demarche est un peu entreprise. II a le visage
long et quarre et fort rouge. Le front degage. Les yeux bleux,
bien fendus et vifs. Le nez ni grand ni petit. La bouche de meine.
Les sourcils bruns. II porte ses propres cheveux, qui sont do
la meine couleur, mais il commenee ä devenir chauve. Quoiqu’il
soit extremement mal traite de la petito veröle et que son visage
soit plein de coutures, sa phisionomie ne laisse pas d’etre revenante
et d’avoir quelque chose d’agreable. On peut dire qu’il
est bei lionnne de guerre.
Son ton de voix est rauque et fort. Son abord, quoiquo
assez civil, peu prevonant. Ses manieres communes et meine
rustiques. Son peu d’attention et de politesse est moins l’effet
d’une lierte dont on ne sauroit l’accuser, que la suite d’une
education negligee.
■il *