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se tournant ensuite de l’autre rote, ce n’est, dit-il avec un air de
dddain, qu’un duc et une duchesse de Lorraine. L’Empereur
täche ä la verite de corriger ces principes de hauteur, mais outre
qu’il I’aime trop pour l’en reprendre fortement, tout le monde conspire
ä les lui faire prendre.
II est opiniätre et tetu, souffrant plutot qu’on l’enferme et
qu’on le fasse jeuner, que de consentir ä demander pardon. L’amour
extröme que l’Empereur et l’Imperatrice lui portent, les empdchent
de le corriger düment d’un defaut qui n’aura que trop d’influence
sur son caractere.
II n’aime que le militaire et n’estime que ce qui y a du rapport,
au point qu’il n’adresse presque la parole qu’aux officiers et
a leurs femmes. II ne montre aucun penchant pour l’ötude et Ton
aura de la peine ä lui faire apprendre les choses les plus coinmunes
et qu’il ne pourra ignorer sans honte.
On lui inspire beaucoup d’animosite contre la France, et il s’v
prete si bien qu’il refuse d’apprendre la langue francoise et ne la
parle jamais. Pour en venir ä bout on l’apprend dans sa presence
ä un jeune enfant de son age. L’Einpereur desaprouve extremement
qu’on lui donne de pareils principes, mais il n’en est pas le maitre,
et n’ose meine le trop blamer, pour ne pas accrediter encore d’avantage
l’idee ou l’on est deja, qu’il ne halt pas assez les Francois.
Je n’ai point appris qu’on lui inspire de la haine contre V. M. ni
qu’il en temoigne.
Il est genereux. L’annee passee lorsque l’Imperatrice jouoit
ä Schönbrunn, il lui prenoit souvent de l’argent et le distribuoit
a de pauvres officiers et ä des soldats.
Il est difficile jusqu’ici de decider, s’il aura beaucoup d’esprit.
Je doute cependant qu’il ait jamais un grand genie. Tous les traits
qu’on rapporte de lui et qu’on admire, marquent a peine de la vivacite
d’imagination et aucun de la sagacite, ni quelque heureuse
combinaison d’idees. Il n’y a qu’une reponse qu’il a donne au
comte de Worontzow, qu’on pourroit en qualifier, mais l’on
est persuade qu’elle lui a ete suggeree. Ce ministre parlant de la
longueur du chemin de Petersbourg jusqu’ici, l’arcbiduc lui repondit:
II faut bien que le chemin soit long, car il- y a bien du temps,
que j’entends dire que vos troupes marchent, et elles ne sont pas
encore arrivees.