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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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se  tournant  ensuite  de  l’autre  rote,  ce  n’est,  dit-il  avec  un  air  de
dddain,  qu’un  duc  et  une  duchesse  de  Lorraine.  L’Empereur
täche  ä  la  verite  de  corriger  ces  principes  de  hauteur,  mais  outre
qu’il  I’aime  trop  pour  l’en  reprendre  fortement,  tout  le  monde  conspire
  ä  les  lui  faire  prendre.
II  est  opiniätre  et  tetu,  souffrant  plutot  qu’on  l’enferme  et
qu’on  le  fasse  jeuner,  que  de  consentir  ä  demander  pardon.  L’amour
extröme  que  l’Empereur  et  l’Imperatrice  lui  portent,  les  empdchent
de  le  corriger  düment  d’un  defaut  qui  n’aura  que  trop  d’influence
sur  son  caractere.
II  n’aime  que  le  militaire  et  n’estime  que  ce  qui  y  a  du  rapport,
  au  point  qu’il  n’adresse  presque  la  parole  qu’aux  officiers  et
a  leurs  femmes.  II  ne  montre  aucun  penchant  pour  l’ötude  et  Ton
aura  de  la  peine  ä  lui  faire  apprendre  les  choses  les  plus  coinmunes
et  qu’il  ne  pourra  ignorer  sans  honte.
On  lui  inspire  beaucoup  d’animosite  contre  la  France,  et  il  s’v
prete  si  bien  qu’il  refuse  d’apprendre  la  langue  francoise  et  ne  la
parle  jamais.  Pour  en  venir  ä  bout  on  l’apprend  dans  sa  presence
ä  un  jeune  enfant  de  son  age.  L’Einpereur  desaprouve  extremement
qu’on  lui  donne  de  pareils  principes,  mais  il  n’en  est  pas  le  maitre,
et  n’ose  meine  le  trop  blamer,  pour  ne  pas  accrediter  encore  d’avantage
  l’idee  ou  l’on  est  deja,  qu’il  ne  halt  pas  assez  les  Francois.
Je  n’ai  point  appris  qu’on  lui  inspire  de  la  haine  contre  V.  M.  ni
qu’il  en  temoigne.
Il  est  genereux.  L’annee  passee  lorsque  l’Imperatrice  jouoit
ä  Schönbrunn,  il  lui  prenoit  souvent  de  l’argent  et  le  distribuoit
a  de  pauvres  officiers  et  ä  des  soldats.
Il  est  difficile  jusqu’ici  de  decider,  s’il  aura  beaucoup  d’esprit.
Je  doute  cependant  qu’il  ait  jamais  un  grand  genie.  Tous  les  traits
qu’on  rapporte  de  lui  et  qu’on  admire,  marquent  a  peine  de  la  vivacite
  d’imagination  et  aucun  de  la  sagacite,  ni  quelque  heureuse
combinaison  d’idees.  Il  n’y  a  qu’une  reponse  qu’il  a  donne  au
comte  de  Worontzow,  qu’on  pourroit  en  qualifier,  mais  l’on
est  persuade  qu’elle  lui  a  ete  suggeree.  Ce  ministre  parlant  de  la
longueur  du  chemin  de  Petersbourg  jusqu’ici,  l’arcbiduc  lui  repondit:
  II  faut  bien  que  le  chemin  soit  long,  car  il-  y  a  bien  du  temps,
que  j’entends  dire  que  vos  troupes  marchent,  et  elles  ne  sont  pas
encore  arrivees.
            
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