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ment, a tellement empiree qu’elle est devenue incurable. Ses pieds
sont d’une grosseur prodigieuse, tout ecorches et pleins de troux.
Les medecins craignent, que si lesmauvaises liumeurs qui s’ y sont
attirees, remontent, ce ne soit fait d’ eile tout d’ un coup. Elle est
obligee d’etre toujours assise ou couchee et passe bien des nuits
sans fermer 1’ oeil. Elle se croit fort heureuse lorsqu’ eile peut
dormir deux ou trois heures. Cette princesse Supporte un etat si
deplorable avec une fermetd et une force d’esprit peu communes.
Rarement eile se plaint, et son humeur ne se ressent pas des douleurs
continuelles et souvent insupportables qu’elle souffre.
Sa maniere de vivre est fort, reglee. Le matin eile s’occupe
a la lecture des livres saints, ou assiste au Service divin. A une
heure eile dine. Elle ne sanroit se contraindre sur le ree:ime,
quoiqu’elle ait fait l’experience qu’en ne mangeant que des choses
saines et ne buvant que de la tisane, eile souffre infinement moins.
L’apres-diner eile est avec sa grande gouvernante et ses dames
d’honneur. A sept heures eile joue pour la plupart du temps au
piquet et souvent 4 deux tables ä la fois. Elle soupe ä neuf heures.
En ville il n'y a que les dames qui la voient, mais ä la Campagne
les hommesvont lui faire la cour; aussi ceux-ci suivant l’etiquette
n’osent pourtant pas entrer dans la chambre oü eile est,
mais la porte en est ouverte et ils s’y prdsentent. Elle fait cependant
entrer les ministres etrangers et les principaux du pays.
L’Arcliiduc Joseph n’est pas grand pour son äge, mais
fort-bien fait et tout-ä-fait beau. Sa phisionomie est agreable.
11 a les yeux de l’Imperatrice-Reine , mais la plupart des autrcs
traits de l’Empereur. Sa mine est fiere et haute et son abord de
meine. Loin de l’en corriger on l’y cntretient et on l’eldve dans
les maximes de l’ancienne hauteur de la maison d’Autriche. II
tutoie tons les hommes, quoique l’Empereur mdme leur adresse
le discours en tierce personne; encore lui arrive-t-il rarement de
leur parier et ce n’est que ceux d’un certain rang et les dames
qu’il honore de son entretien. II a dejä la plus haute idee de son
rang. II n’y a pas longtemps qu’il dit ä quelqu’un, qu’il avoit encouru
sa disgrace. II donne ä tout le monde et meme aux dames
la mam ä baiser. On m’a assure que se trouvant un jour dans une
chambre garnie de portraits des ses ancetres il dit ä quelqu’un:
Voila l’Empereur mon grand pere, voila I’Imperatrice une teile, et
Sitzb. d. philos.-bist. CI. Jahrj. 1850. II. i?d. III. Heft.
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