que mes autres occupations me le permettront. Je demande cependant
pardon d’avance ä V. M. si je ne satisfais pas aussi promptement
que je Ie voudrois ä ses ordres. Comme pour plus grande
surete je couche en chiffre et dechiffre toutes les depeches moimeme,
Elle jugera bien qu’il ne me reste pas beaucoup de loisir.
Je suis avec le plus profond respect etc.
VI.
Extrait de la lettre de Cabinet du Roi du 28 Janvier 174:7.
J’ai eu toute la satisfaction possible du portrait que vous
m’avez fait de l’Imperatrice-Reine. Outre que vous en avez parfaitement
bien exprime le detail, je le trouve pour la plupart conforme
aux differents traits que j’ai dejä combines sur les rapports
de quelques personnes qui connoissent assez cette Princesse - lä.
S’il y avoit cependent quelque circonstance a suppleer encore ä ce
portrait-ci, vous ne laisserez pas de le faire. Au reste j’attends avec
impatience que vous me satisfassiez de la meme fa^on sur le portrait
des autres principales personnes de la cour de Vienne etc. etc.
VII.
Relation au Roi. Vienne le 15 Fevrier 1747.
Sire!
L’Empereurest d’unetaille replete, plutot audessous qn’au
dessus de la mediocre. II penche la tete fort en avant ce qui a
contribue ä le rendre un peu voute. D’ ailleurs il est droit et assez
bien fait. Son port et sa demarche sont negliges et il n’y donne
pas la moindre attention. La forme de son visage tient quelque
chose du quarre. Le front de meme. Ses yeux sont passablement
grands, beaux, d’un bleu tirant sur le fonce. Il les a naturellement
battus. Le nez aquilin mais pas grand. La bouche petite et le sourire
agreable. Le teint uni et colore. Tous ses traits forment un
beau visage, mais oü bien des pei’sonnes trouvent quelque chose de
commun. Ce prince se defigure par des grimaces qu’il a l’habitude
de faire.
Son abord est poli mais assez froid et serieux, surtout ä
l’egard des personnes qu’il connoit peu, et il parolt meme un peu
embarasse avec les etrangers. Il s’enonce avec facilite. Les manieres
son plus qu’aisees et forment un contraste parfait avec
celles de l’Empereur Charles VI. Ennemi de la contrainte il a
presque trop peu de gravite pour le rang qu’il doit soutenir. Fami-