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Quinquin, pour lequel eile a d’ailleurs beaucoup d’amitie, et qui est
de toutes ses parties de jeu, au sujet d’une intrigue qu’il a publiquement
avec la femme du comte d’Althann. Elle cherche ä eloigner
de l’Erapereur tous ceux qui donnent dans la galanterie, et l’on
pretend que le comte de Colloredo qui en fait profession, ne parviendra
jamais ä etre bien dans son esprit. II a meine ete pendant
un temps dans une espece dedisgräce pour avoirfait quelques parties
de plaisir avec le Prince. La meine chose est arrivee encore
ä plusieurs autres. Elle voudroit faire un menage bourgeois.
Elle aiine tendrement ses enfants qui sont toujours autour
d’elle les jours d’appartement. Elle cherissoit le plus l’archiducliesse
ainee qui est morte. Elle idolätre presentement l’archiduc
Joseph. Elle lui passe bien des defauts qu’elle devroit corriger. Elle
affecte cependant quelques fois de la severite ä son egard et pretend
ne le pas gater. Un jour eile ordonna de lui donner le fouet. On
lui representa qu’il n’y avoit point d’exemple, qu’on l’eüt jamais
donne a un archiduc. Je le crois, dit eile, mais il n’y a rien aussi
qui n’y ait paru.
Elle a beaucoup de tendresse et de respect pour l’Imperatrice
douairiere Sans pourtant lui laisser aucune part aux affaires.
Elle aime les plaisirs , sans y etre fortement attachee. Elle
avoit autrefois beaucoup plus de passion pour la danse et surtout
pour les bals masques, qu’elle n’en a presentement. Elle danse
bien, avec grace et meine assez de legerete pour sa taille. Elle
aime le gros jeu et joue d’une maniere noble, cependant on entrevoit
qu’elle est sensible ä la perte. Elle a perdu pendant un temps
plus de cent mille ducats. On pretend que le S. Robinson lui en a
meine parle par ordre de sa cour.
Quoiqu’eile joue du clavecin, qu’elle chantefort bien et qu’elle
entende assez la musique, eile ne s’en soucie pas beaucoup.
Un de ses plaisirs favoris est la promenade et surtout k
cheval. Elle y court a faire trembler. L’Empereur et plusieurs
autres ont vainement tache de l’en detourner. Elle fut obligee
d’apprendre ä monter pour la ceremonie du couronnement en Hongrie.
Elle le continua par politique remarquant que les Ilongrois
prennoient beaucoup de plaisir ä la voir ä cheval. Enfin eile prit
un gout si vif pour cet exercice, qu’elle en fait actuellement un de
ses plus grands amusemenls. Elle va tantot a une Campagne, tan-