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qui cn font raremönt l’appanage. II semble qu’elle soit fachee d’dtre
neefemme. Elle n’a nul soin de sa beaute, s’expose sans menagement
aux intemperies de I’air, se promene souvent plusieurs heures au
fort du soleil et dans le froid le plus vif qu’elle Supporte beaucoup
mieux que le chaud. Elle ne donne pas plus d’attention ä sa parure,
et les jours de galla exceptes eile et a son exempletoute la cour se
met fort simplement.
On ne sauroit l’accuser de coquetterie. Elle n’a jamais donne
la moindre prise sur eile ä cet egard. Elle aime sincerement l’Empereur,
mais eile en exige un attachement egal. On pretend que
son amitie pour ce Prince vient en partie de son temperament et
des bonnes qualites qu’il a pour le satisfaire. On en regarde comme
une manque entre autres le peu de credit qu’il a sur son esprit
malgre l’amour qu’elle lui temoigne. II m’a ete assure de bonne
part qu’un jour dans une Conference, l’Imperatrice ayant soutenu
avec beancoup de chaleur une opinion contre l’avis de ses ministres,
et l’Empereur en ayant dit son sentiment, l’Imperatrice lui
imposa silence d’une manidre fort dure, en lui temoignant qu’il
ne devoit pas se mdler d’affaires auxquelles il n’entendoit rien.
L’Empereur bouda lä-dessus pendant quelques jours et s’en plaignit
ä un de ses favoris un colonel lorrain nomme Rosieres, celuici
lui rdpondit: Sire, permettez-moi, de vous dire, que vous vous
y prenez mal avec Madame; si j’ etois ä votre place, je l’obligerois
bien d’en user mieux avec moi et je la rendrois souple comme
un gant. Comment donc, demanda l’Empereur? Je ferois lit ä part,
repliqua-t-il, croyez moi que c’est par cet endroit qu’elle vous
aime et que vous pourrez tout obtenir d’elle.
Ce discours tut rapporte ä l’Imperatrice qui persecuta cet
officier au point, qu’il vient de prendre le parti de quitter le service,
quoi que l’Empereur ait pu faire pour le retenir.
II est constant qu’elle est fort jalouse de ce Prince, et qu’elle
fait tout au monde pour empdcher qu’il ne prenne quelque attachement.
Elle a fait fort mauvais visage ä quelques dames. ä qui
l’Empereur commen^oit ä en conter. Elle voudroit par le meme
principe bannir tonte galanterie de sa cour, eile marque beaucoup
de mepris pour les femmes qui ont des intrigues, et en temoigne
presqu’autant pour les hommes qui les recherchent. Je sais qu’un
jour eile a parle fort vivement au comte d’Esterliazy surnomme