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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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Les  generaux  et  Ies  ministres  ont  trop  d’  interet  de  s’  opposer  k  ce
changement,  pour  n’y  pas  apporter  des  obstacles  et  des  difficultes
insurmontables.  II  n’y  a  que  les  officiers  qui  n’ont  point  d’appui,
qui  y  proliteroient,  en  reeevant  plus  regulierement  leur  paye.  Mais
ceux  qui  ont  du  credit  en  cour  soit  par  eux-memes.  soit  par  leurs
parenls  trouvent  beaucoup  mieux  leur  compte  dans  le  desordre  qui
y  regne  aujourd’hui.  Pour  obvier  meme  de  loin  ä  cette  reforme  les
ministres  et  les  generaux  font  naitre  mille  difficultes  pour  les  moindres
  changements  que  l’lmperatrice-Reine  veut  introduire.  Je  sais
qu’un  jour  ayant  passe  en  revue  un  regiment,  eile  temoigne  en
etre  satisfaite,  mais  qu’elle  trouvoit  que  les  habits  etoient  trop
longs  et  devoient  incoinmoder  le  Soldat,  lorsqu’  il  etoit  oblige  de
raarcher,  soit  dans  les  grandes  clialeurs,  soit  par  les  pluies;  et
qu’il  falloit  les  reformer  sur  le  modele  des  prussiens.  On  lui  represeuta
  que  ces  longs  habits  etoient  necessaires  pour  couvrir  le  Soldat
la  nuit,  que  les  troupes  de  V.  M.  n’en  avoient  pas  besoin  puisque
chaque  chambree  avoit  une  couverte.  Elle  ordonna  qu’on  en  donna
aussi  aux  siennes.  On  lui  presenta  le  lendemain  1’  etat  de  ce  que
cela  contenoit.  On  avoit  si  fort  exagere  la  depense,  soit  des  couvertes
  meines,  soit  des  chevaux  de  bat  pour  les  porter,  et  des
gens  pour  pancer  ceux-ci,  que  le  montant  alloit  a  une  somme  excessive
  et  qu’on  n’eut  point  de  peine  ä  y  faire  renoncer  l’Imperatrice.
Elle  cherclie  ä  distinguer  le  militaire  qui  est  en  plus  grande
consideration  qu’il  11'etoit  sous  feu  l'Empereur.  Elle  a  dit  plusieurs
fois  que  ce  n  etoit  que  par  le  metier  des  armes  qu’on  pourroit
faire  fortune  sous  son  regne.  Elle  fait  manger  ä  sa  table  les  officiers ­
  qui  sont  de  garde  chez  eile,  sans  avoir  egard  k  leur  naissance
ce  qui  dep'.ait  fort  ä  la  grande  noblesse,  qui  n’  est  pas  moins  choquee
  de  ce  que  l’Imperatrice  a  aboli  plusieurs  anciennes  etiquettes
qu’  eile  hait  en  general  beaucoup.  Elle  cherclie  ä  s'  attacher  les
soldats  par  des  largesses,  leur  fait  distribuer  souvent  de  1’  argent,
et  passe  rarement  devant  des  corps  de  garde  sans  leur  jetter  quelques ­
  ducats.  Aussi  est-elle  fort  aimee  des  troupes,  dont  d’ailleurs
eile  s’  est  acquis  1’  estime  par  le  courage  qu’  eile  a  affecte  dans
les  plus  cruels  revers.  II  est  certain  que  dans  un  temps  eile  a  etd
serieusement  intentionnee  d’aller  commander  elle-meme  ses  annees.
Elle  cherche  generalement  ä  s’  eloigner  des  faiblesses  de  son
sexe  et  ambitionne  des  vertus,  qui  lui  sont  les  moins  propres  et
            
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