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avec fermete, qu’il ne se soucioit pas d’elre vu et examine de tout
le monde et que si eile ne vouloit pas lui aecorder une audience
particuliere, teile que 1’ Emper.eur et eile merae lui avoient donne
autrefois, il s’en passeroit plutöt tout ä fait. Elle s’emporta
d’abord beaucoup; mais le besoin qu’elle avoit de cet officier l’oblio-ea
ä condescendre ä sa demande.
O
Elle s 1 occupe beaucoup de ses affaires et tache d’ en prendre
une connoissance exacte. Elle lit ou se fait lire la plupart des relations
de ses ministres dans les cours etrangeres; revoit les minutes
des pieces de quelque importance avant qu’on les met au net;
s’ entretieat souvent avec ses ministres; et assiste fort regulierement
aux Conferences qui se tiennent sur des affaires de quelque
importance. Elle veut surtout etre instruite ä fond de ce qui regarde
le militaire. Elle täclie d’approfondir le caractere et la capacite
de ses generaux ety reussit assez. C’est eile qui a nomine de son
propre choix tous ceux qui ont servi la Campagne passee en Italie,
et que tout le monde assure etre l 1 elite de ses officiers.
Son ambition lui fait souhaiter de gouverner par elle-meme.
Elle y reussit mieux que la plupart de ses ancetres; mais 1’ interet
que ses ministres et les personnes qui 1'environnent, ont ä
lui derober une connoissance exacte de ses affaires, et a empecher
qu’elle n’ abolisse des abus, oü eux et leurs familles trouvent trop
d’ avantage, rendent ses efforts si non inutiles , du moins infructueux
en grande partie. Elle appercoit 1’ illasion qu’on lui fait saus
avoir la force de la dissiper. Elle en temoigne souvent de l’impatience
et a dit plus d’une fois que tout ce quelle demandoit le plus
ardemment aDieu, c’etoit de lui ouvrir les yeux sur les affaires.
Elle n’ a pas laisse cependant d" abolir bien des abus et de retrancher
des depenses inutiles. Elle medite de faire encore beaucoup de
changements tant daus les finances, que par rapport au militaire,
et sur l’un et l’autre objet eile propose ordinairement ä ses ministves
le sisteme de Votre Majeste pour exemple. Elle Ieur parle
quelquefois de la difference notable des revenus que V. M. tire de
la Silesie et de ce que cette province a l’apporte ä eile et ä ses
ancetres, et eile ne se persnade pas des raisons qu’ ils lui donnent
que le pays etoit foule. Elle se propose aussi de regier un jour
1’etat militaire et surtout pour la paye sur le pied de celui de
V. M. II y a cependant peu d'apparence qu’elle v reussisse jamais.
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