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Full text : Sitzungsberichte / Akademie der Wissenschaften in Wien, Philosophisch-Historische Klasse Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Wien, 5. Band, (Jahrgang 1850)

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peuple  souffrit  les  impots  sans  murmurer.  Les  grands  avancdrcnt
de  l’argen  t,  souvent  sans  attendre  qu’on  leur  en  demandät.  Les
Hongrois  s’empresserent  de  combattre  pour  eile,  l’officier  servit
avec  plaisir  k  demi  paye.  Ses  Allies  persuades,  qu’  il  ne  dependoit
pas  d’elle  de  ne  leur  plus  etre  k  Charge,  l’assisterent  avec  zele.
Chacun  courut  se  sacrifier  pour  la  meilleure  des  Princesses.  On
l’idolätra.  Tout  le  monde  voulut  avoir  son  portrait.  Jamais  eile
ne  parut  en  public,  que  le  peuple  ne  la  recxit  avec  acclamation.
Un  caractere  emprunte  est  difficile  ä  soutenir.  Peut-etre
seroit-il  besoin  de  moins  d’efforts  pour  se  le  rendre  propre,  qu’il
n’en  faut  pour  l’affecter.  La  Reine  ne  put  se  contraindre  longtemps.
  Le  malheur  rend  le  plaisir  d’  etre  aime  plus  vif  et  en  Fait
mieux  sentir  le  besoin.  Les  adversites  qu’elle  essuya  au  commencement
  de  son  regne  la  mirent  dans  ces  dispositions.  Les  succes
de  ses  affaires  apres  la  paix  de  Breslau  les  firent  evanouir.  Elle
rentra  peu  ä  peu  dans  son  naturel.  Ses  soins  de  cacher  son  ambition
  sous  le  voile  de  ses  malheurs  se  rallentirent.  On  commen^a
ä  s’appercevoir  que  moins  touchee  des  calamites  de  ses  peuples
que  de  1’  idee  de  s’  aggrandir,  eile  continuoit  la  guerre  sans  repugnance.
  Les  eloges  que  tout  le  monde  lui  avait  prodigues  et  beaucoup
  d’  amour  propre  naturel,  lui  donnerent  la  plus  haute  idee
de  sa  capacite  et  la  rendirent  imperieuse.  Elle  n’ecouta  qu'avec
peine  les  avis,  ne  souffrit  point  de  contradiction,  chercha  k  se
faire  craindre  plus  qu’  ä  se  faire  aimer,  ne  monlra  pas  moins  de
fierte  que  ses  ancetres,  traita  avec  hauteur  tout  le  monde,  se  fit
voir  vindicative  et  irreconciliable,  ecouta  avec  impatience  les  plaintes
  qu’  on  lui  portoit,  chercha  ä  empieter  sur  les  privileges  des
Hongrois  ,  pressa  les  protestants  et  ne  remedia  ä  presqu’aucun
de  leurs  griefs,  donna  mauvaise  idee  de  sa  piete  en  temoignant
peu  de  respect  pour  la  religion  au  point  d’aller  un  jour  a  cheval
ä  l’eglise,  ce  qui  choqua  fortement  le  clerge  et  lui  attira  des
censures  publiques.
IJn  si  grand  changement  n’en  produisit  pas  un  moins  considerable
  dans  les  dispositions  de  ses  sujets,  qui  commencerent
k  murmurer  des  impots  qu’  on  leur  faisoit  payer,  et  ä  temoigner
k  tous  egardsun  grand  mecontentement.  On  ne  s’empressa  plus  de  la
voir  passer  dans  les  rues,  ni  d’avoir  son  portrait.  Presque  tout  le
monde  crut  avoir  des  sujets  de  plainte.
            
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