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Le nez petit, sans etre aquilin ni retrousse. La bouehe un peu
grande, mais assez belle. Les dents Manches. Le sourire
agreable. Le col et la gorge bien formes. Les bras et les mains
admirables. Son teint ne doit pas l’avoir ete moins par ce qu’on
en voit encore malgre le peu de soin qu’ eile en a pris. Elle a
ordinaireinent beaucoup de couleur. Sa phisionomie est ouverte
et heureuse. Son abord riant et gracieux. L’on ne sauroit disconvenir
que ce ne soit une belle personne.
En montant sur le tröne, eile trouva le sccret de se faire
aiiner et admirer de tout le monde. Son sexe, sa beaute, ses
malheurs, ne contribuerent pas peu ä faire recevoir favorablement
les louanges que des gazettiers aux gages de cette cour en prodiguoient.
Elle s’ observa et ne se fit voir que du bon cole, affable,
pieuse, liberale, populaire, charitable, couragense et magnanime,
eile gagna bientot le coeur de ses sujets, qui s’imputerent comme
un crime les mouvemens d’affection qu’ ils avaient sentis d’abord
pour feu l'Empereur Charles VII, alors Electeur de Baviei’e. Elle
donna audience ä un chacun, lut elle-meme les requetes, prit soin
de radministration de la justice, s’appliqua aux affaires, paya Tun
de bonnes paroles, l’autre d’un sourire, ou d’ un compliment gracieux,
assaisonna ses refus, fit des promesses magnifiques, affecta
une devotion extreme, disant souvent qu’ eile mettoit toute sa confiance
en Dieu, honora le clerge, temoigna beaucoup de respect
pour la religion, soulagea les pauvres avec ostentation, fonda
des hospitaux, distribua de l’argent aux soldats, donna dans le
faste, fit representer des spectacles, harangua elle-meme dans
l’assemblee des etats, faisant un etalage pompeux et touchant de
sa Situation, se plaignant du malheur oü ses ennemis la reduisoient,
se dit inconsolable (terme favori) d’etre obligee malgre
eile de partager ses adversites avec ses fideles sujets , promit de
reconnoitre dans l’occasion le zele d’un chacun, assura les Ilongrois
de retablir et confirmer leurs anciens Privileges et de remedier
ä leurs anciens griefs, affecta une grande force d’esprit, so
roidit contre ses malheurs et tächa par son courage d’en inspirer
ä ses sujets.
On u’ entendit que les eloges de cette princesse. Chacun
l’eleva aux nues, Tout le monde se crut heureux. Les Etats contribuerent
ä ses besoins , tout ce qu’il leur etoit possible. Le
Sit/.b. d. pliilos.-histor. CI. Jnhrg. 1850. II. Bd. III. Heft. 2C